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vendredi 28 octobre 2011

TENTATIVE D'ASSASSINAT DU PRESIDENT ALI BONGO ONDIMBA: VOICI LE TRIANGLE DU CRIME

Toute République vit de hochets et de distinction. Et c'est bien avec des hochets qu'on mène les hommes, écrivait jadis, Napoléon Bonaparte.
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La tentative d'assassinat du Chef de l’Etat, qui n'a pas encore livré tous les complices, est édifiante à plus d'un titre, tant certains comportements depuis deux ans n'ont cessé d'étonner, mieux de tirer la sonnette d'alarme sur la sincérité de quelques responsables politiques.

C'est un sujet passionnant, tellement passionnant qu'il nous oblige à remonter le temps pour mieux comprendre les prises de position d'aujourd'hui, les attitudes, l'attentisme et le caractère totalement stoïque de certains leaders de la majorité face à l'acharnement dont fait l'objet le Grand Emergent  , de la part de la société civile « Goldmanisée »(entendez par là le Prix Goldman reçu par le King Solo de la société civile communautariste,  aux Etats-Unis), de l'opposition communautaire et un traitement de choc exceptionnel sur Internet via le site Gabon énervant.

Tout se comprend d'ailleurs, quand on est énervé, on ne raisonne plus, on fait du langage automatique, à la manière des surréalistes qui eux, préféraient se cantonner à l'écriture.

En 2001, répondant à une question d'un confrère du magazine français Jeune Afrique, à propos de sa succession, Omar Bongo répond : « j'ai déjà détecté deux ou trois jeunes ayant des qualités et susceptibles de me remplacer. Mais je ne dirai pas leurs noms, on risque de leur donner le bouillon de onze heures ».

Tout est dit dans cette phrase et le chaînon manquant, ce sont ceux qu'Omar Bongo craignait précisément pour ses héritiers. Ils sont bien tapis dans l'appareil d'Etat, nourrissant des ambitions gargantuesques. Autrement dit, tout pour eux, rien pour les autres, et l'attitude du moins étrange de la classe politique actuelle, de l'opposition à la majorité, donne bien une indication suffisante pour bien comprendre ce qui se passe exactement.


ALI’9 : un président de transition

Pour la classe politique actuelle, en commençant par le PDG, l’Emergent en Chef n'est là que pour terminer le mandat d'Omar Bongo Ondimba, autrement dit jusqu'en 2012. Après ce délai, une autre page de l'histoire politique doit s'ouvrir et chacun retient son appétit, même si les plats sont déjà à table.

Il y a comme une démission de fait, de la classe politique dans son ensemble. Personne n'assume quoi que ce soit, chacun veut garder ses chances intactes et un tour d'horizon de toutes ces instances nous montre bien le fossé qu'il y a entre eux et l’Emergent en Chef. Personne n'a l'air pressé. Chacun va à son rythme parce que simplement chacun de ses roitelets tient à maîtriser son agenda.


Le Parti Démocratique Gabonais
Parti au pouvoir, le PDG est toujours à la traine, drainant d’énormes  difficultés d’adaptation notamment au contexte et au rythme imposé par son Distingué Camarade de Président. Jamais dans l'action, le Parti ne préfère « convoler en juste noce » qu’avec  la Défensive. Autrement dit, c'est l'opposition qui fait l'agenda, le PDG attendant que le porte-parole de l’Emergent en Chef ne  prenne la parole pour qu'à son tour, il envoie deux tirailleurs dans les médias, tirer à tort et à travers.

L’Emergent en Chef a mis le pays en chantier, les édifices poussent comme des champignons, cela ne semble pas être suffisant pour aider le PDG à prendre la parole pour soutenir ce qui se fait et expliquer aux populations le bien fondé de telles ou telles réformes.

Et pourtant, la pratique politique hexagonale enseigne bien au PDG comment agir lorsqu'on est un parti de gouvernement. L'UMP n'entend céder pour rien au monde le terrain à la gauche. Chaque phrase, chaque mot, chaque comportement de la gauche est analysé avec intelligence pour une réponse appropriée.

Il s'agit de répondre au mot pour mot et non aller lire de longs communiqués à la télévision. Cela veut dire que le porte-parole du parti au pouvoir ou les principaux animateurs du contenu politique du parti doivent être imprégnés des techniques rhétoriques propres à la sémantique des débats contradictoires. Ce qui, évidemment, n'est visiblement pas le cas.


Le Gouvernement
C'est le talon d'Achille de la politique de l’Emergent en Chef. A la limite, l’Emergent en Chef peut gouverner sans cette équipe de rugby avec ses remplaçants. Un groupe de « retardataires utiles » selon la terminologie de son inspirateur principal, Paul Biyoghe Mba.

Il vient d'ailleurs d'inventer un autre concept : « ALI’9 est l'architecte, Biyoghe Mba est le bâtisseur ou le chef de chantier ».

Peut-on être plus clair étant entendu que, officiellement, il dispute la paternité de la gouvernance du pays au Grand Emergent.

Selon lui, le bilan de deux ans de Le Grand Emergent, c'est le sien dès lors qu'il nous signifie qu'en 2009, l'homme que les Gabonais ont choisi pour conduire leur destin commun c'est lui, Biyoghe Mba. Il faut donc corriger l'histoire. Peut-il d' ailleurs en être autrement ?

En fait, c'est Le Grand Emergent  qui s'est trompé en appelant auprès de lui des compatriotes pour l'aider à mettre en place son projet de société. La trahison est à la mesure de sa déception puisque Biyoghe Mba ne se contente même plus de mettre les formes, il revendique que c'est lui qui fait tout.

C'est ce qu'il répète d'ailleurs en petit comité, que sans lui, le Grand Emergent  n'aurait eu aucun résultat depuis deux ans. Autant dire une providence, un grand cadeau du ciel. L'homme n'a jamais fait mystère de son ambition à briguer la magistrature suprême.

A défaut bien entendu d'un mandat de sept ans à la primature. Il est d'ailleurs prêt à sacrifier tout Bikélé pour cette grande conquête du Graal suprême.

Dès 1990, Omar Bongo Ondimba avait vu juste, s'adressant à son conseiller juridique de l'époque, Feu le Professeur Joseph Ndong Obiang, parlant de Paul de Bikélé, Omar Bongo disait: « Cet homme que tu vois là est très dangereux, il rêve d'être Premier ministre mais je n'ai pas confiance en lui ».

Deux ans après, le sage de Lewaï avait vu juste, Biyoghe était devenu un opposant irréductible après avoir créé son Mouvement Commun de Développement. Il disait d'ailleurs dans ces nombreux meetings qu'Omar Bongo ne pouvait pas développer le Gabon et qu'en vingt ans de pouvoir, le pays était très en retard à cause de la mauvaise gestion et des mauvaises politiques mises en place.

Autrement dit, il tenait, lui, l'équation du développement du Gabon entre ses mains. On peut comprendre le nombre de fois qu'il a dû se servir de son tensiomètre à chaque fois qu'on nommait un nouveau premier ministre : Oye Mba, Obame Nguema, Ntoutoume Emane, Eyeghe Ndong.

L'homme aura rongé son frein, car il a attendu exactement 19 ans pour accéder enfin à la Primature. D'où, à peine arrivé, il a voulu donner l'impression qu'il était là depuis 19 ans : confiscation des véhicules des conseillers de son prédécesseur, sans bien entendu aller lui-même rendre ceux du ministère de l'Agriculture et du ministère du Commerce qui envahissent son parking privé à Bikélé, occupation systématique de la totalité de l'administration par les cadres du MCD, oubliant qu'il ne s'agissait pas d'une victoire du MCD, mais d'une victoire du PDG.

Mais rien n'y fera, Biyoghe Mba préfèrera la cohabitation. Pour lui, son règne est arrivé, il doit le consommer jusqu'au bout. Mais il n'occupe pas que l'administration, il entend bien entendu bousculer le PDG sur ses terres pour encourager le MCD.

Pour ne prendre que des exemples précis, Biyoghe Mba fait tout actuellement pour que le PDG ne remporte aucun siège dans le Woleu-Ntem, et le Gouverneur y serait presque mis à contribution. Pour preuve, de nombreux notables de la commune d'Oyem ont vu leur nom effacé sur les listes électorales. Eux qui ont toujours voté à Oyem depuis la nuit des temps.

Le Secrétaire communal est remplacé à un mois du vote et les prix des prestations de santé au centre hospitalier Régional ont subitement connu une hausse, comme si on voulait causer un soulèvement de la population du Woleu-Ntem et les pousser à aller tout droit tomber dans les bras d'AMO.

De toutes les façons, Paul Biyoghe vous dira qu'il n'est pas au courant, en tant que PM. Il n'est d'ailleurs jamais au courant, il lui revient toujours telle ou telle information venant de tel ou tel service de renseignement. Autrement dit, Biyoghe Mba veut mettre le Grand Emergent  en minorité dans le pays.

Dans sa logique à lui, seul le MCD doit avoir des voix. Et quand sa presse calibre le Grand Emergent  et tout son cabinet, sans un seul mot sur Paul de Bikélé, ce dernier savoure presque sa victoire car il trouve normal que la presse tance le Grand Emergent

Seul lui est le saint. Sa personne est inviolable. Dès qu'on ose écrire un mot sur lui, toute la ville est au courant qu'on a écrit sur Biyoghe Mba, comme si l’on avait critiqué un Pape ou toucher à une Divinité comme Mahomet ou Jésus Christ.

A aucun moment, il n'a pris un risque pour son Patron.  Malheureusement et très souvent, c’est le contraire qui se produit puisque Le Grand Emergent  est seul à prendre  des risques pour Paul de Bikélé et sa clique de « retardataires utiles », pour leur offrir des fonctions qui leur permettent de l'attaquer en retour : triste récompense d'une équipe censée se dévouer pour aider le Grand Emergent  à bien conduire le Gabon à bon port.

Les chantiers du Patron, il s'en moque. Les seuls chantiers qui ont un intérêt pour lui, ce sont les cases qu'il construit à Bikélé, le futur 7e arrondissement de Libreville, et qu'il visite chaque matin avant d'aller à son bureau. En cas de retard, l'entrepreneur reçoit directement un coup de fil du PM lui-même.

On peut bien entendu constater qu'il n'agit pas avec la même diligence s'agissant des chantiers de tous les Gabonais que Le Grand Emergent  a lancés à travers tout le pays. Mais cela ne l'empêche pourtant pas de revendiquer leur paternité.

Il n'est d'ailleurs pas seul dans cette longue liste où trônent certains de ces ministres, les candidats ratés de 2009, comme Paul d'Olongo qui a mis notre diplomatie totalement aphone. On entend Alain Juppé, Hilary Clinton, les autres ministres africains des affaires étrangères, sauf, bien entendu lui, que nenni.

Sa parole est sacrée. Il ne saurait gaspiller sa salive pour vanter l'émergence. Il a son programme à lui, celui qu'il a filé à AMO discrètement en 2009 : la nouvelle espérance. Que dire de plus. Sinon qu'il attend son jour et à entendre AMO, ce jour est proche.

On n'a pas besoin de carriéristes ; ni au sein du Gouvernement ni au sein du PDG. Un système politique a besoin d'hommes et de femmes mus par un seul intérêt, celui de l'amélioration du bien être de tous. Il a besoin de « spin doctors » qui investissent l'espace public pour prendre les coups à la place du Chef. C'est comme cela que ça fonctionne partout.

Le moindre mot sur Sarkozy entraine une réaction en chaîne et du Gouvernement et de l'UMP. Au Gabon, ces deux instances attendent toujours qu'on leur donne un mot d'ordre. S'il y a de nombreuses tortues de forêt qui ne veulent pas se mouiller, qu'elles tirent elles-mêmes les conséquences de leur attitude avant que celles-ci ne les rattrapent en retour.
L'opposition
La difficulté de l'opposition dite radicale, c'est qu'elle n'a plus rien à gagner. Tous ses animateurs ou presque sont sortis de l'âge légal pour être candidat à la présidentielle, sauf bien sûr AMO.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il néglige ses camarades, car ils sont un boulet pour lui. De plus, le train de vie de tous ces retraités ne leur permet pas de gaspiller trop d'énergie.

Myboto a hérité de son statut de beau-père, tout comme AMO. Et ça a bien payé. Mais ils veulent encore plus.

Eyeghe Ndong et son neveu Oye Mba viennent de voir le bout de leur espérance avec le décret signé du Grand Emergent  sur la retraite des anciens premiers ministres : 150 millions de francs CFA annuel, un cabinet, un véhicule et trois billets d'avion première classe pour une destination de leur choix.

Et dire qu'ils ne reconnaissent pas le  Grand Emergent  comme Chef de l'Etat. Comment font-ils alors puisque les décaissements ont bien commencé ? Même si Cam le Doungourou ajoute à cette coquette somme une retraite additionnelle de la BEAC, où il a servi comme Gouverneur 13 ans durant.

Quant à AMO, son statut d'ancien premier flic du pays l'a totalement transformé. Voulant bien faire, il distille les indices à chaque fois qu'il ouvre la bouche. Il y a un an sur RFI, il confiait qu'un groupe d'officiers l'avait contacté pour organiser un coup d'Etat à la Nigérienne.

Dans une interview organisée sur le bord de sa piscine, avec son monsieur Election, Ondo Edou, il confiait tout bonnement aux Gabonais qu'il ne servait à rien d'aller se faire inscrire sur des listes électorales, parce que disait-il, en pesant ses mots, « qu'il n y aura pas d'élections en décembre prochain ».

A-t-il parlé trop vite ?
La vérité s'est-elle échappée de sa bouche sans qu'il ne s'en rende compte ?

Mais ce qui est sûr, c'est que de la majorité à l'opposition en passant par le Gouvernement et certaines institutions de la République où certains se considèrent comme les parrains du Grand Emergent, on peut très vite déduire que notre classe politique soit irrémédiablement compromise. Non pas uniquement en action, mais aussi en omission.

Depuis 2009 elle donne l'impression qu'il y a un vide institutionnel, elle le matraque dans les ondes à longueur de journée. Sans projet politique, l'opposition radicale a inventé une nouvelle manière de s'opposer, et son choix est d'ailleurs très étonnant.

Elle répond à toutes les convocations de Biyoghe Mba. Elle ne va jamais chez le Grand Emergent. Et cela ne dérange aucunement le locataire du Bureau du Vice-président de la République, puisqu'il considère que seul lui, Biyoghe Mba, est l’élu légitime. Quant à savoir d'où il tire cette légitimité, c'est un autre débat sur lequel nous reviendrons très prochainement.

Il y a huit mois, notre confrère avait juste dans un article argumenté : « les conditions du coup d'Etat sont réunies ». Pour cet article, il avait reçu une fatwa de Biyoghe Mba. Reste à savoir maintenant pourquoi ? Il y a lieu de rééditer cet article.

La classe politique dans son ensemble a ensemencé la haine, une opposition systématique de l'autre, passant ainsi le relais à une société civile communautariste, afin qu'elle fasse la promotion, dans le monde entier, de cette nouvelle manière de penser.

La classe politique n'a pas su faire échec aux discours de la division, du repli identitaire, de la haine de l'ethnie, confondant revendication démocratique et lutte contre un clan : le clan Bongo Ondimba : tout un projet.

A leur décharge cependant, l'apprentissage d'un nouveau métier qu'ils ont toujours négligé lorsqu’ils étaient aux affaires : le métier d'opposant. Car tous sont presque tombés dedans par effraction ; comme des chômeurs à la recherche du premier emploi, ils ont choisi celui qui leur donnait l'illusion du pouvoir : l'opposition.

Mais, tout de même, cela ne pourrait expliquer tant de haine et de discours anti- républicains. Il paraît nécessaire que dans l’urgence, des changements de comportements soient opérés, parce que non seulement le Gabon ne fera guère marche arrière, mais également parce que   tous les pyromanes qui soufflent sur les braises seront tenus en échec et ne réussiront pas leur coup. 

Notre avenir commun nous interpelle tous. Il commande que chacun de nous prenne ses responsabilités, dans le respect de l'autre. Ceux qui estiment qu'ils sont là où ils sont parce qu'ils sont les faiseurs de roi se trompent. Personne n'a fait un concours pour être là où il est, sauf bien sûr le Grand Emergent   qui détient un mandat national de 7 ans.

Quant à tous les autres, ils  doivent le leur au Grand Emergent, lequel  peut d’ailleurs y  mettre fin quand il veut ( Qui a pouvoir de nomination, a pouvoir de révocation). Que les choses soient bien claires. Pour être un Chef, il faut être capable de commander. Et commander n'a rien à voir avec le fait de donner des ordres, de régler des comptes aux petits fonctionnaires. Cela n'a rien de commun non plus avec le « MCD » (Mauvais Coeur Dur) ni la rancune tenace. C'est plus que cela : un sursaut de votre nature ontologique et votre capacité à regarder tous les citoyens de la même manière, avec le même regard... Ce qu'aucune tortue au monde n'a la capacité de faire. 

On peut toujours rêver, c'est bien le rêve qui trace un idéal. Mais il y a du chemin à faire. Et bien du chemin.

Et ce n'est pas pour demain.

A bon entendeur…

Auteur : Le Grand Nord
Source : La Griffe du vendredi 28 octobre 2011

vendredi 30 septembre 2011

Voici la Liste des 120 Candidats Investis par les Militants du Parti Démocratique Gabonais

Le Bureau Politique du Parti Démocratique Gabonais vient d'entériner la liste définitive des 120 candidats qui défendront les couleurs de leur formation politique sur l'ensemble du territoire nationale. Voici la liste complète:

Estuaire

Haut-Ogooué



Moyen Ogooué



Ngounié


Nyanga


Ogooué-Ivindo




Ogooué-Lolo


Ogooué-Maritime

Woleu-Ntem

mercredi 28 septembre 2011

JEAN EYEGHE NDONG PRIS EN FLAGRANT DELIRE DE MENSONGE EN FRANCE: LA REDOUTABLE SENTENCE

Désormais en manque de visibilité et en proie à une sénilité d’esprit, certains de nos hommes politiques n’hésitent plus à s'essayer ouvertement au ridicule pour paraître sur les écrans, surtout lorsqu'ils choisissent la presse française comme terrain de prédilection...

Décidément les récentes révélations du dernier « mohican » de la Françafrique  Robert Bourgi alias « BOB », au sujet de prétendues mallettes qu’auraient distribué certains Chefs d’Etat africains, en l’occurrence Feu OMAR BONGO ONDIMBA, ont soudainement servi d’antidote à  une poignée de personnages parmi lesquels un ancien Premier Ministre gabonais, pourtant  jusque là atteint de la maladie d’Alzheimer... Suivez notre regard...

Longtemps plongé dans une latence comatique d’idée pour son propre pays, Monsieur Eyeghe Ndong  a choisi de déverser le fruit de  ses dernières réminiscences en prêtant sa voix à plusieurs médias français et africains, et s’offrant par la même occasion un statut de « témoin » dans la désormais « Affaire Bourgi ».  Ah, Monsieur EYEGHE NDONG, que vous arrive-t-il donc !   

Nimbées d’une ribambelle de contradictions qui traduisent l’état de « ménopause mentale» très avancé de l’ancien Premier Ministre Gabonais, les différentes interviews accordées par Jean Eyeghe Ndong offrent de quoi rigoler pendant plusieurs semaines mais surtout de quoi susciter des interrogations sur les mobiles réelles de ce coming out assez surprenant.

Partant d’un « J’en ai entendu parler », Jean Eyeghe Ndong  n’a pas hésité à se fendre d’un récit  truffé d’équivoques, dans lequel il se vente d’avoir obtenu des confidences du défunt  Président Omar BONGO ONDIMBA  au sujet des « fameuses mallettes de Robert BOURGI », en rajoutant que selon lui, ces pratiques n’auraient pas cessé. De quoi retourner l’illustre Chef de l’Etat défunt de sa tombe !

Voilà un ancien petit premier ministre qui a gouverné par "pilotage automatique" pendant 3 années au Gabon, et qui s’octroie le droit de corroborer des allégations dont-il sait bien que l’auteur prétendu ne pourrait les démentir pour cause de mort. Une fois de plus, Jean Eyeghe Ndong a raté une belle occasion de se taire, choisissant de  s’offrir en spectacle, successivement sur les antennes de RFI, France 24 et Africa 24.  C’est ainsi que grâce à ses prouesses en la matière, il consacre définitivement  son statut de « Professionnel du Ridicule ».

Au-delà des aspects anecdotiques que traduisent ses passages dans les médias français, Jean Eyeghe Ndong confirme bien qu’il est  le prototype même des instigateurs  de tensions entre deux Nations (le Gabon et la France), qu’une forte amitié lie depuis plusieurs décennies ! Oui, les relations entre le Gabon et la France sont au beau fixe et ce, depuis le Président Léon MBA en passant par Omar BONGO ONDIMBA, jusqu’à Ali BONGO ONDIMBA, chacun l'adaptant à son époque.
Que ceux qui ne le savent pas le tiennent désormais pour dit, la nature des relations entre le Gabon et la France se résume de la manière suivante: Léon MBA les a initiées, Omar BONGO ONDIMBA les a renforcées et Ali BONGO ONDIMBA vient de les décomplexer!

Monsieur Eyeghe Ndong, ce que vous refusez d’accepter en réalité, c’est le CHANGEMENT qui s’opère au Gabon et auquel vous vous opposez de manière fébrile et sans conviction. Arrêtez donc de cultiver les derniers vestiges  de la vielle mouvance politique gabonaise. Celle qui a spolié le Gabon de ses vertus en prônant un conservatisme paralysant.
Durant vos trois années de Primature, vous aurez prospéré en semant le Cancer de l’Immobilisme, la montée du syndicalisme politique et la dépravation des mœurs dans notre pays !

  Mais ce qui vous dérange et ronge votre existence aujourd'hui, Monsieur Eyeghe Ndong, c’est  que notre Gabon, notre pays, le Futur Gabon émergent soit en pleine mutation ; ce qui obnubile votre nouveau statut de préposé par défaut, c’est le fait que depuis l’accession d’Ali BONGO ONDIMBA à la Magistrature Suprême, au  Gabon désormais Rien ne se Perd, Tout se Crée et Tout se Transforme !

Vos tentatives de courtisans de la presse françaises sont toutes vouées à l’échec, puisque même en France ON VOUS CONNAIT !

Vous avez incontestablement été le plus mauvais Premier Ministre que le Gabon ait connu , c'est de notorieté publique!

Au moment où d’autres dignitaires de son âge  rédigent leurs mémoires et préparent minutieusement leur rencontre avec Dieu en dressant  le bilan de leur utilité ici bas, ce désormais « Papy Jean » de la République préfère s’accommoder à un rapport de préposition dominé par la pratique des  sales besognes et dont le commettant n’est plus à présenter… Vous le connaissez tous!

Aussi, lorsqu’on joue à l’accusateur et au vieux petit rapporteur il faut savoir apporter les preuves de ses élucubrations ! En définitive, Cher Monsieur Eyeghe Ndong, lorsqu’on  on n’a pas d’arguments politiques, de projet sociétal et développemental, de vision, de réalisations à son actif, on la boucle plutôt que de vouloir s’illustrer négativement sous les feux de la rampe en s’adonnant à un ridicule spectacle devant la presse internationale !

Nul besoin de revenir sur la question de la Biométrie qui demeure un sujet quelconque pour le commun des gabonais, le Juge constitutionnel ayant tranché le litige en privilégiant le strict respect de la Légalité Constitutionnelle!

Ceci n’est qu’une entrée en matière… Nous prendrons le temps de décortiquer la substance même des différentes déclarations fallacieuses de Monsieur Eyeghe Ndong
Auteurs: L'UJPDG-FRANCE et La G.R.G.E (Garde Rapproché du Gabon Emergent)
Source: G.R.G.E/ UJPDG-FRANCE

jeudi 1 septembre 2011

FORUM NATIONAL DE LA JEUNESSE GABONAISE: DÉCRYPTAGE D'UN ÉVÈNEMENT HISTORIQUE TRÈS ATTENDU

Le prochain Forum National de la Jeunesse qui se tiendra du 9 au 10 Septembre 2011 approche à grands pas; la pression monte; les jeunes gabonais attendent de vivre ce moment impatiemment, car nombreuses sont les attentes, tant du côté des pouvoirs publics que des concernés. Décryptage d'un évènement historique très  attendu :

                                  AVANT DE PARCOURIR LES LIGNES QUI VONT SUIVRE
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Pourquoi un Forum National de la Jeunesse au Gabon ?

Le Gabon compte environ 1 500 000 habitants dont 40% des jeunes. La majorité de cette frange de la population a moins de 18 ans et est scolarisée ; elle réside dans les centres urbains. Malgré les performances du système éducatif gabonais avec un taux net de scolarisation de 90% environ, le niveau de déperdition scolaire est important ; ceux qui parviennent à décrocher un diplôme trouvent difficilement un emploi, en raison de l’inadéquation formation-emploi qui risque d’ailleurs de s’observer dans les nouvelles opportunités d’emploi qu’offrent de plus en plus des secteurs novateurs.

Cette problématique de l’emploi des jeunes est doublée d’une crise sociale qui les affecte sans distinction. En effet, la mondialisation, les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) et les changements consécutifs à l’accélération de l’urbanisation de nos villes avec la perte de repères ont entraîné l’affaiblissement de la structure familiale.

Les mutations socioculturelles marquées par les familles récomposées, l’instabilité familiale, les familles monoparentales, le taux élevé de divorces, la sexualité, les grossesses, les mariages, la maternité et la paternité précoces, la prostitution, l’excision, la cybercriminalité et le trafic d’enfants, perturbent l’équilibre psychologique des jeunes et influent sur leur capacité citoyenne à s’impliquer en tant qu’acteurs dans le processus de développement du pays.

D’autres maux assombrissent ce tableau : l’analphabétisme, les attitudes rebelles et défi des jeunes à l’encontre des normes et règlements édictés par la société les exposent à toutes sortes de dérives et de dangers. Leur envie de prendre des risques est particulièrement très active dans leur quête perpétuelle d’expériences personnelles. Ce qui les expose davantage à tous les risques et les rend vulnérables face à de nombreux fléaux : tels que la toxicomanie, l’alcoolisme, la violence sous toutes ses formes, les IST et le VIH/SIDA, en particulier.


Sur le plan professionnel, le déficit en formation technique, professionnelle et celui du manque de structures et de mécanismes d’encadrement (tutorat pour les formations de proximité), l’insuffisance d’infrastructures socio-éducatives, le manque de l’information et de communication, et la faible implication des jeunes dans le processus d’identification, d’élaboration, de mise en oeuvre et d’évaluation des actions qui les concernent, sont autant de maux qui entravent leur épanouissement.

Ces préoccupations cruciales ont interpellé le candidat à l’élection présidentielle du 30 août 2009, Ali BONGO ONDIMBA qui, en guise de réponse les a inscrites dans son projet de société : « l’Avenir en Confiance », et pris l’engagement une fois élu d’organiser un Forum National de la Jeunesse. Au cours duquel les attentes et les préoccupations des jeunes seront recueillies afin d’élaborer la Politique Nationale de la Jeunesse.

Cette approche participative est la matérialisation de l’implication des jeunes aux politiques et programmes qui les concernent, en tant qu’acteurs et bénéficiaires.




Placé sous le thème « Contrat de partenariat pour une jeunesse responsable », ce Forum se décline en trois sous-thèmes :

1/ Formation – Emploi ;
2/ Sport, Culture et loisirs ;
3/ Famille, Etiques et valeurs.

Au-delà du sort de la Jeunesse gabonaise, c’est celle de tout le continent africain qui interpelle le Président ALI BONGO ONDIMBA dont le discours prononcé à Yaoundé le 19 Mai 2010 dans le cadre de la Conférence Internationale Africa 21, est considéré comme l’un des plus historiques et plus poignants de ces dernières années.

En voici un extrait :




« … J’ai foi en la jeunesse Africaine. Ayez, vous aussi, foi en elle… Les jeunes ont tant besoin que leurs avis soient pris en compte par les pouvoirs publics… Il nous paraît important de cerner les aspirations de cette jeunesse et sa vision pour l’avenir. C’est le lieu de nous poser des questions sur : quelle vision de l’Afrique ont les jeunes africains ? Comment perçoivent-ils les nouvelles initiatives du développement ?

Nous ne devons pas les (les jeunes) laisser longtemps au bord du trottoir au risque de les voir virer dans les comportements répréhensibles. Mais la dure et la vraie réalité est que l’Afrique n’a pas suffisamment investi dans le développement du capital humain, pour tirer profit des avantages que représente sa population juvénile…

Le progrès auquel aspire la jeunesse africaine c’est-à-dire nos dirigeants de demain, doit être placé au coeur des gouvernants africains que nous sommes. … Il faut investir dans la jeunesse et dans l’enfance pour que la jeunesse de 2025 reconnaisse l’altruisme des aînés d’aujourd’hui.

Pour ma part, je reste convaincu que les jeunes Africains peuvent changer le monde et doivent changer le monde… », ALI BONGO ONDIMBA, Président de la République Gabonaise.


lundi 29 août 2011

ALI BONGO ONDIMBA LIVRE SES 4 VÉRITÉS DANS UNE INTERVIEW AU MAGAZINE "JEUNE AFRIQUE"

Dans une interview sans concession accordée à l’hebdomadaire « Jeune Afrique », le Président de la République gabonaise Ali BONGO ONDIMBA revient en toute franchise sur ses deux années à la tête de l’Etat gabonais et dresse le bilan de ses actions depuis 2009. Réformes économiques, organisation des élections législatives, crise en Libye, Union Africaine… Dans cet entretien, le Chef de l’Etat dit tout. Il s’y exprime avec clarté et simplicité sur les thèmes qui animent le Gabon, l'Afrique et le monde, ne laissant aucune question de côté. « Tout le monde n’a pas compris que le Gabon avait changé », a souligné le Chef de l'Etat comme pour confirmer que la récréation était bel et bien finie au Gabon.

L'UJPDG de FRANCE vous propose en exclusivité l'intégralité de cette interview en vous recommandant vivement de tout lire afin de recevoir les réponses à toutes les interrogations qui ont pu tarauder les uns et les autres:

Libreville, mi- août, La capitale n'est plus la même. Plus propre, plus ordonnée et en chantier permanent. Le Gabon « émerge », l'expression est sur toutes les lèvres, d'un long coma, celui de la fin des années Omar Bongo Ondimba (OBO).

Le nouveau chef de l'Etat est entré dans ses fonctions, en octobre 2009, au pas de charge: suppression des postes fictifs ou superflus à la présidence et au gouvernement, mise à l'écart d'un certain nombre de caciques de l'ancien régime, fin des cumuls de mandats, plafonnement des salaires pour les dirigeants d'entreprises publiques, rigueur, multiplication des audits, etc. On lui prédisait alors les pires ennuis. Il remettait en effet en question une multitude de baronnies, perturbait des équilibres que son père avait façonnés des décennies durant et, donc, secouait trop durement un cocotier supposé fragile.

Le père se comportait comme un chef de village ou de famille, soucieux de maintenir l'harmonie entre tous ses « enfants », y compris les plus prodigues et les moins reconnaissants. Le fils, lui, n'a pas tant d'états d'âme et ne goûte guère les compromis. Seuls les résultats lui importent. Deux ans plus tard, le tsunami prédit n'a pas eu lieu et le Gabon poursuit son long réveil. Même si le naturel n'est pas facile à chasser : pas une semaine ne passe sans sanction, tête coupée ou rappel à J'ordre. Les Indélicats n'ont pas tous disparu avec l'« Emergence » ...

C'est au premier étage du Palais du bord de mer que le chef de l'Etat nous a reçu pour répondre à nos questions, dans le bureau qu'occupait Jadis OBO. Un long entretien - près de deux heures - au cours duquel il défend son bilan, décline ses ambitions, répond aux attaques (intransigeance, affaire des biens mal acquis, train de vie, biométrie et législatives, crispation politique) et livre son analyse sur le Printemps arabe, les crises libyenne et Ivoirienne, le scandale de la Beac ou encore les ratés de l'Union africaine. 

JEUNE AFRIQUE: Deux ans après l’élection présidentielle, le Gabon a considérablement changé. De chef évidemment, donc de style, mais aussi de vie politique. Quel bilan dressez-vous de ces vingt-quatre mois écoulés?

ALI BONGO ONDIMBA: Question piège…Disons que nous sommes sur la bonne voie, même si je concède être de nature impatiente. En me présentant à la présidentielle, j’ai soumis un projet, celui du Gabon émergent, avec des axes précis, une vision, des valeurs réaffirmées et une stratégie. Une fois installé dans mes fonctions, en octobre 2009, j’ai mis en œuvre ce programme. Nous avons ainsi lancé un grand nombre de chantiers. Ce qui est important à nos yeux, c’est de diversifier l’économie gabonaise pour préparer l’après-pétrole. Cela ne se fait pas du jour au lendemain et demande un certain nombre de réformes, une véritable révolution des mentalités et des pratiques ainsi qu’une profonde remise en question, ce qui n’est jamais évident.

JEUNE AFRIQUE: Vos premiers pas à la tête du pays ont tout de même été marqués par une sévère reprise en main et des décisions pas toujours très populaires: fin des effectifs pléthoriques dans la fonction publique, des placards dorés et des cumuls de mandats et de fonctions, chasse aux gaspillages, journée continue, interdiction d’exporter les grumes de bois non transformées sur  place, etc. De quoi, en somme, vous faire de nombreux ennemis…

ALI BONGO ONDIMBA: N’exagérons rien. D’une part, personne n’a été pris au dépourvu :nous avons appliqué ce que nous avions indiqué lors de la campagne. D’autre part, si je me suis fait effectivement quelques ennemis parmi ceux qui profitaient du système ou pour qui les mots « performance » ou « compétence » ressemblent à des injures, la majorité des Gabonais réclamait ces mesures. Ils avaient conscience que nous allions dans le mur. Il était totalement illusoire de penser que nous allions réussir à atteindre nos objectifs sans aller vers une meilleure gouvernance, plus  d’équité, de travail et de rigueur. Je crois que le message est passé. Nous restons cependant vigilants, car certaines poches de résistance demeurent.

JEUNE AFRIQUE: Vous avez changé de très nombreuses personnalités à la tête d’entreprises publiques, dans l’administration ou la magistrature. Est-ce le signe que les résultats ne suivent pas ou que le Gabon peine à fournir des cadres compétents?

ALI BONGO ONDIMBA: Dire que nous peinons à trouver les bonnes personnes, c’est peut-être exagéré. Il s’est trouvé en revanche que certains gênaient la réalisation de nos programmes. Je me suis par exemple engagé à construire un minimum de 5 000 logements. Nous avons réuni tout le monde, préparé les projets et élaboré leurs financements. Six mois après, cela n’avait toujours pas démarré. Pourquoi? À cause d’un certain nombre de pesanteurs et de personnes qui ne faisaient pas leur travail ou, pis, profitaient de leur position pour accaparer des terrains et en faire commerce .Certains fonctionnaires se sont dit : « Encore des effets de style, de belles paroles, il n’y aura pas d’action derrière, continuons comme avant. » Ils ont été mal inspirés.

JEUNE AFRIQUE: Vous aviez annoncé la publication des résultats de l’audit de la fonction publique en janvier 2010. Ce n’est toujours pas le cas. Pour quelle raison?

ALI BONGO ONDIMBA : Parce que j’ai demandé que l’audit soit refait.

Entièrement ?

ALI BONGO ONDIMBA : Oui. Je ne suis pas satisfait de la manière dont il a été mené. Ses résultats ne reflètent pas la réalité. Il y a un problème, et je veux m’en assurer. Comme si tout le monde s’était tenu à carreau le temps de sa réalisation… Pour ce genre d’audit, il ne faut pas se précipiter.

JEUNE AFRIQUE: Autre évolution notable depuis votre arrivée au pouvoir, celle de la sphère politique. La crispation est évidente : biométrie, dissolution du parti d’opposition l’Union nationale (UN), André Mba Obame…

ALI BONGO ONDIMBA: Après l’élection présidentielle, j’avais indiqué que je resterais ouvert à tous ceux qui souhaiteraient discuter avec moi du développement du Gabon. Certains l’ont fait, d’autres pas. Mais les tensions que vous évoquez sont d’ordre différent. La dissolution de l’UN, ce n’est que l’application des lois.

Je ne connais pas un seul État au monde où un citoyen quel qu’il soit, candidat battu lors d’un scrutin, peut organiser et faire retransmettre une cérémonie de prestation de serment et se faire introniser président de la République [c’était le 25 janvier, NDLR] sous le regard impuissant des pouvoirs publics légitimes. S’ajoutent à cela une mise en scène ridicule et un repli au siège d’une organisation internationale [celui du Programme des Nations unies pour le développement, le Pnud] squatté de manière indécente pendant un mois .Le Gabon est un État de droit qui a une Constitution et des institutions. Ceux qui les transgressent s’exposent aux sanctions prévues. Ni plus ni moins. Dura lex, sed lex: la loi a été appliquée.

JEUNE AFRIQUE: Et concernant le débat sur l’instauration de la biométrie pour les prochaines législatives ?

ALI BONGO ONDIMBA: Une fois encore, il faut clarifier les choses. La biométrie est une proposition de la majorité. À mon initiative, d’ailleurs, lorsque j’étais ministre de la Défense. Le dossier fut transmis, à l’époque, au ministre de l’Intérieur [André Mba Obame], à qui il incombait la responsabilité d’organiser les élections. Tous les membres du gouvernement d’alors pourront vous éclairer sur le traitement qui en a été fait… Une certaine opposition, qui réclame à cor et à cri la biométrie aujourd’hui, recèle en son sein le principal responsable de l’échec de ce projet quand il était aux affaires !

Passons… Pour répondre aux préoccupations de la classe politique sur l’utilisation de la biométrie lors des prochaines législatives, j’ai organisé une grande concertation nationale. J’ai écouté tout le monde et j’ai décidé de saisir la Cour constitutionnelle, afin qu’elle statue sur la position consensuelle qui s’était dégagée: repousser la date du scrutin. La suite, vous la connaissez. La Cour constitutionnelle a rejeté la demande d’un report des législatives. Les députés actuels verront leur mandat prendre fin en janvier prochain.

Au-delà de ce terme-là, nous n’aurions donc plus d’Assemblée nationale. Il est donc nécessaire qu’elle puisse être renouvelée avant. Moi, je n’ai pas l’autorité de proroger les mandats. Je ne peux pas appliquer des lois qui n’existent pas…

JEUNE AFRIQUE: Avec André Mba Obame, vous vous connaissez parfaitement. Vous avez travaillé longuement ensemble et milité au sein du Parti démocratique gabonais (PDG) pour le faire évoluer. Comment en êtes-vous arrivés à devenir d’irréductibles ennemis ?

ALI BONGO ONDIMBA: Est-ce vraiment à moi qu’il faut poser cette question ? Personnellement, je ne le tiens pas pour un ennemi, pas du tout. C’est lui qui a changé, pas moi. Je suis toujours dans le même parti, défendant les mêmes idées. Lui a choisi de rejoindre des personnes qu’il a farouchement combattues pendant un quart de siècle à nos côtés et qui, chose étrange, ne lui en tiennent visiblement pas rigueur. La question est donc de savoir s’il défend réellement des idées ou si seule sa personne et son ego importent.

JEUNE AFRIQUE: Vous êtes-vous parlé depuis la présidentielle du 30 août 2009 ?

Non, jamais.

JEUNE AFRIQUE : Votre père était réputé pour savoir pardonner, y compris à ceux qui avaient été virulents avec lui.

ALI BONGO ONDIMBA : Celui qui pardonne est celui qui a été offensé. Ce n’est pas à moi de pardonner, c’est aux militantes et aux militants du PDG de le faire. Mba Obame se battait jadis au sein de ce parti pour la démocratie, de revenir au bercail lorsqu’on a répondu à leurs doléances essentiellement matérielles, c’est fini. Tout le monde n’a pas compris que le Gabon avait changé…

JEUNE AFRIQUE: Comment envisagez-vous les prochaines législatives pour le PDG?

ALI BONGO ONDIMBA: Avec beaucoup de sérénité. Nous partions quand même d’un taux de croissance négatif, – 1,9 % en 2009, nous sommes aujourd’hui à plus de 5 %. Cela veut dire que le pays bouge dans le bon sens. La confiance revient, la consommation des ménages augmente et les investisseurs étrangers affluent. Nous disposons d’un programme clair, constant et qui commence à porter ses fruits. Les Gabonais pourront juger, comparer. Enfin, pour cela, il faudrait que les autres aient quelque chose à présenter…

JEUNE AFRIQUE: La société civile s’immisce de plus en plus dans la vie politique; ses acteurs, comme Marc Ona Essangui (Brainforest), font désormais entendre leurs voix, se muent parfois en véritables opposants. Qu’en pensez-vous ?

ALI BONGO ONDIMBA: Je n’ai absolument rien contre le fait que chaque citoyen puisse se préoccuper de la vie politique de son pays. Lorsqu’elle est équidistante des organisations politiques et joue son rôle de catalyseur de la démocratie, de médiatrice, de vigie, ou encore lorsqu’elle formule des propositions, la société civile est indispensable. En revanche, lorsqu’elle est accaparée par des individus qui, tout en prônant l’alternance politique, s’incrustent de manière inamovible dans leur propre système, en font un fonds de commerce ou une plateforme de visibilité et de reconnaissance personnelle, cela pose un problème de crédibilité et d’utilité. Pour parler des ONG, on  a s s i s t e à un véritable mélange des genres.

Aujourd’hui, certains dirigeants de ces ONG se sont donné le droit de s’immiscer dans tout. Au nom de quoi et de qui, je n’en sais rien. Les décideurs politiques ont tous des mandats. Nous sommes redevables devant ceux qui nous ont fait confiance, nous jugent, nous sanctionnent. D’autres se lèvent un matin pour dire : « Moi, je n’ai d’engagement envers personne, mais je me donne le droit de venir exiger ceci ou cela.» C’est trop facile. Vous connaissez M. Marc Ona Essangui; eh bien, conseillez lui de créer un parti politique et de se présenter aux prochaines élections. Il aura donc un mandat, pourra proposer aux Gabonais ses idées, et on verra alors s’il sera soutenu. En attendant, je suggère qu’il s’occupe de la défense de l’environnement, puisque son ONG a été créée dans cet objectif-là.

JEUNE AFRIQUE: Parmi les échéances de 2012, il y a la co-organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football avec la Guinée équatoriale. Êtes-vous confiant quant aux délais de livraison des différentes infrastructures et à la bonne tenue de cette compétition?

ALI BONGO ONDIMBA : L’année 2009 a été désastreuse. Les chantiers ont pris beaucoup de retard, que nous nous efforçons de rattraper. Mais malgré tout ce qui se dit ou s’écrit, nous serons prêts à la date prévue.

JEUNE AFRIQUE: Le Gabon se tourne vers de nouveaux horizons économiques (Chine, Corée du Sud, Singapour, États-Unis, Australie…). L’arrivée de ces nouveaux acteurs n’agace-t-elle pas votre partenaire traditionnel, la France?

ALI BONGO ONDIMBA: Le Gabon a pris le parti de consolider ses alliances historiques tout en diversifiant sa coopération internationale et ses partenaires. Tous ceux qui croient dans le potentiel de notre pays sont les bienvenus, pourvu qu’ils nous apportent, évidemment, une véritable valeur ajoutée. Mais les nouveaux investisseurs qui viennent au Gabon ne le font pas au détriment des entreprises françaises. Nous aimons pratiquer l’addition et non la soustraction. J’ajouterais même que les entreprises françaises déjà sur place profitent de ces nouveaux partenariats. Le président Sarkozy soutient d’ailleurs notre politique. Tout le monde y gagne, à commencer par les Gabonais. C’est au  fond ce qui m’importe le plus.

JEUNE AFRIQUE: Le Gabon mise beaucoup sur le green business, l’environnement et la mise en valeur de ses atouts en la matière. Pour certains, il s’agit là d’un simple phénomène de mode…

ALI BONGO ONDIMBA: Le green business, au sens large, c’est la prochaine révolution économique, au même titre que les révolutions agricole et industrielle .Nous jouissons d’atouts considérables. Il faudrait être fou pour n’en faire qu’une lubie ou un simple phénomène de mode comme vous le dites.

JEUNE AFRIQUE: La zone économique spéciale de Nkok sera inaugurée le 9 septembre. Ce type d’infrastructures se multiplie en Afrique. Qu’en attendez-vous ?

ALI BONGO ONDIMBA : Nous voulons appuyer, grâce à des avantages fiscaux attractifs, les entrepreneurs qui investissent, notamment dans la transformation du bois, et plus généralement ceux qui participent à l’industrialisation de notre économie. Déjà 6 000 emplois directs et indirects ont été créés. Avec un investissement direct étranger de près de 200 millions de dollars, il s’agit de la première zone économique spéciale d’Afrique subsaharienne. D’après nos prévisions, Nkok attirera environ 1 milliard de dollars d’investissements, avec un potentiel de près de 50 000 emplois à terme.

Une zone franche sur l’île Mandji, à Port-Gentil, est également en cours de constitution. Elle sera davantage spécialisée dans les industries et services parapétroliers, l’assemblage, le stockage et la distribution de produits, et dans les activités de services liées aux nouvelles technologies .Un premier investissement de 1,5 milliard de dollars a été signé en 2010 avec Olam et le groupe indien Tata Chemicals pour la construction d’une usine d’engrais.

JEUNE AFRIQUE : Comment voyez-vous l’après pétrole?

ALI BONGO ONDIMBA: C’est certainement une époque que je ne connaîtrai pas… En revanche, cela concerne nos enfants. Voilà pourquoi nous voulons nous préparer maintenant. Nous misons beaucoup sur l’industrie forestière, mais aussi sur le secteur des mines. Il n’a pas vraiment été exploité, à part certains produits comme le manganèse et l’uranium, et seulement dans certaines localités. Plus largement, nous sommes en train de promouvoir un tissu industriel et de favoriser l’émergence de champions rayonnant au niveau régional, voire international, comme Gabon Oil, Petro Gabon, la Compagnie équatoriale des mines, ou encore Olam Pétrochimie. Ce ne sont là que des exemples : nous avons élaboré 20 plans sectoriels sur cinq ans dans le tourisme, le numérique, les infrastructures, les transports, etc.

JEUNE AFRIQUE: Sur le plan diplomatique, maintenant, quels rapports entretenez-vous avec les principaux chefs d’État de la sous- région, qu’il s’agisse du Camerounais Paul Biya, de l’Équato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema ou du Congolais Denis Sassou Nguesso ? Vous êtes le plus jeune et le plus récemment arrivé au pouvoir…

ALI BONGO ONDIMBA: Voulez-vous savoir si j’ai subi le bizutage du petit nouveau? Non, je peux vous rassurer, nos rapports sont très bons. Les chefs d’État de la sous-région sont des personnalités que je connais depuis longtemps, cela aide. Nous travaillons ensemble dans le cadre de la Cemac [Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale] : ce qui se passe bien chez l’un est intéressant pour l’autre et l’affecte dans le bon sens.

JEUNE AFRIQUE: Il y a pourtant eu des périodes délicates, notamment avec l’affaire de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac). Vous avez pris vos fonctions en octobre 2009, quand le scandale a éclaté. Le Gabon a perdu le poste de gouverneur au profit de la Guinée équatoriale et le principe de rotation a été adopté. Comment avez-vous vécu cette période ?

ALI BONGO ONDIMBA: Il est évident que, pour moi qui m’installais à peine, cela n’a pas été facile. Mais un problème touchant la Beac est un problème qui touche tous les États, pas seulement le Gabon.

JEUNE AFRIQUE: Mais ce sont des responsables gabonais de l’institution qui ont été mis en cause.

ALI BONGO ONDIMBA : Oh, ils n’étaient pas seuls…

JEUNE AFRIQUE : C’est-à-dire?

ALI BONGO ONDIMBA : Nous avons réagi très rapidement pour qu’une enquête soit menée afin de déterminer ce qu’il s’était réellement passé. Et nous souhaitons ardemment que ces investigations aillent jusqu’au bout. Je n’ai pas de problème particulier avec mes voisins, mais je souhaite que tout le monde soit traité de la même manière. Aujourd’hui, les choses se passent bien et la réforme de la banque va continuer.

JEUNE AFRIQUE: On a parlé de tensions avec la Guinée équatoriale, comme lors du conflit territorial au sujet de l’île de Mbanié…

ALI BONGO ONDIMBA: S’il y avait de la tension avec la Guinée équatoriale, je n’aurais pas soutenu le gouverneur actuel de la banque, qui est équato-guinéen. Notre différend territorial est géré au niveau de la Cour internationale de justice de La Haye et n’impacte pas les partenariats qui nous lient, dont l’organisation de la CAN. Le président Obiang et moi-même étions fin juillet à la frontière de nos pays pour inaugurer deux ponts qui vont augmenter nos échanges commerciaux et faciliter la circulation des personnes. Existe-il meilleur symbole d’entente que la construction d’un pont ?

JEUNE AFRIQUE: vous êtes rendu en visite officielle aux États-Unis, du 5 au 10 juin, où vous avez rencontré le président Obama. Que vous êtes-vous dit?

ALI BONGO ONDIMBA: Quand des chefs d’État se rencontrent, c’est pour échanger sur les sujets bilatéraux mais aussi sur les grandes questions de l’heure. Il arrive également qu’on puisse demander quelques conseils. Cet échange n’a pas échappé à la règle. L’international et la crise libyenne ont évidemment été abordés, étant donné que le Gabon siège encore au Conseil de sécurité jusqu’à la fin de l’année. En tout cas, ce fut très cordial.

JEUNE AFRIQUE: Cette visite a aussi été l’occasion de nombreuses critiques de la part de l’opposition et de la société civile gabonaise, qui ont trouvé un certain écho aux États-Unis: biens mal acquis, accusations de népotisme, de mauvaise gouvernance, voire de dictature…

ALI BONGO ONDIMBA : Les critiques dont vous parlez, je m’y attendais: elles ont été formulées parmes adversaires politiques, ceux-là mêmes dont nous venons de parler, et reprises par certains médias pour qui nous sommes des gens infréquentables, corrompus, et qui ne peuvent rien faire de positif…J’ai d’ailleurs découvert, avec la relance médiatique de l’affaire dite des « biens mal acquis », qu’il existait en droit un nouveau délit, le délit de patronyme. Je m’appelle Bongo, je suis donc forcément coupable… Et je note au passage qu’il s’agit, dès l’énoncé de l’affaire elle-même, non pas d’une interrogation mais d’une affirmation.

JEUNE AFRIQUE: Trouvez-vous anormal que l’on puisse se poser la question de la provenance des fonds qui ont permis d’acquérir des biens à l’étranger, en France notamment? Ou que l’on s’interroge sur des acquisitions immobilières au nom de l’État gabonais, comme l’hôtel particulier de la rue de l’Université à Paris ou l’ex-résidence de Ted Kennedy à Washington?

ALI BONGO ONDIMBA : Que les choses soient claires : chaque fois qu’il nous paraîtra opportun de procéder à la consolidation du patrimoine immobilier de l’État gabonais, nous ne demanderons l’onction de personne. Le Gabon est un état souverain qui peut faire des investissements rentables et durables, y abriter ses représentations diplomatiques conformément à ses moyens et à ses ambitions. L’État gabonais ne se contentera pas d’être locataire ad vitam æternam. Dans les deux cas cités, à Paris et à Washington, nous avons informé par communiqué l’opinion publique nationale et internationale parce que nous n’avions rien à cacher.

Un chef d’État , un patron ,un avocat africain ne peut pas s’offrir des véhicules dits de luxe, une villa ou un appartement sans être taxé de voleur? En Afrique, comme partout ailleurs, il existe des processus transparents d’accumulation de richesses. Quand celles-ci sont pillées par des gens extérieurs au continent, ce n’est pas un problème, mais dès que c’est un Africain qui possède de l’argent, c’est suspect. En ce qui me concerne, il n’y a aucun bien personnel dont je ne peux justifier l’origine et l’acquisition légales.

Mon patrimoine est déclaré. Je mets au défi n’importe quelle organisation ou quidam de prouver le contraire. J’ai gagné de l’argent dans ma vie, j’ai fait des affaires, parfois très bonnes, notamment lorsque j’ai dû quitter mon poste de ministre [en 1991]. Je ne vais pas m’excuser d’avoir gagné cet argent ni de m’appeler Bongo, même si cela en dérange certains qui avaient pris l’habitude de « cogner » sur mon père et continuent avec moi dans un réflexe pavlovien.

JEUNE AFRIQUE: Ce que vous reprochent vos détracteurs et ceux qui ont déposé ces plaintes en France, c’est votre train de vie et celui d’un certain nombre de vos pairs. Un train de vie que vous ne pourriez vous permettre si vous n’aviez pas, disons, pioché dans la caisse…

ALI BONGO ONDIMBA: Bien. J’ai été élu président de la République gabonaise, pas de l a République française. J’ai des comptes à rendre aux seuls Gabonais. Et qu’on cesse de prendre les Africains pour des imbéciles, parce que tout cela revient à dire : «Nous les bons Blanc s, nous sommes plus intelligents, donc analysons mieux les choses et les faisons à votre place. » Cette attitude frise la condescendance et le racisme. Je n’ai volé personne et n’ai détourné aucuns fonds. Mais je n’ai pas vocation à servir de punching-ball…

JEUNE AFRIQUE: L’année 2011 a été marquée par une actualité très forte sur le continent : révolutions arabes, en Tunisie d’abord puis en Égypte et en Libye, évolutions au Maroc ou en Algérie, crise ivoirienne… Comment avez-vous vécu, par exemple la chute du régime Ben Ali le 14 janvier? Cela vous a-t-il surpris?

ALI BONGO ONDIMBA: Il faut être honnête, nous avons tous été surpris. Toutes proportions gardées, et même si l’issue a été différente, cela m’a rappelé ce qu’un certain nombre de pays d’Afrique subsaharienne ont vécu dans les années 1990 avec l’expression très forte d’aspiration démocratique et les conférences nationales. Lorsque le peuple veut être entendu, lorsqu’il exige des changements, il est impossible de ne pas y répondre. C’est une leçon pour nous tous, que nous avons intérêt à méditer.

JEUNE AFRIQUE: Six mois après le début de l’insurrection libyenne, le régime de Mouammar Kaddafi s’est enfin effondré. Vous avez fait le choix, en mars dernier, de voter la résolution des Nations unies autorisant l’intervention militaire de l’Otan, contre l’avis exprimé par l’Union africaine. Pourquoi ce choix?

ALI BONGO ONDIMBA: Comme membre du Conseil de sécurité, nous avons effectivement approuvé la résolution 1973. Nous pensions que le fait d’entamer des discussions au sein du Conseil de sécurité inciterait les autorités libyennes à infléchir leur position, à arrêter les hostilités et à ouvrir un véritable dialogue.

Or il se trouve que, pendant que nous étions en train de discuter de cette résolution, Kaddafi a tout fait pour accélérer la répression et en finir avant qu’elle ne soit adoptée. Une telle attitude a certainement influencé un certain nombre de pays d’abord réticents à voter ce texte… Nous assistons donc aujourd’hui à la chute inéluctable d’un régime qui est Resté sourd à tous les appels à l’apaisement et au dialogue. Trop de vies ont été perdue sa cause de cet aveuglement. Kaddafi, comme Gbagbo avant lui, n’a pas eu, ou n’a pas voulu avoir, la lucidité nécessaire pour ne pas prolonger inutilement la liste des victimes de cette guerre.

JEUNE AFRIQUE: Et maintenant, Kaddafi parti, comment voyez-vous l’avenir proche de la Libye ?

ALI BONGO ONDIMBA: J’ai reçu courant août des dirigeants du Conseil national de transition (CNT) désireux de faire participer la communauté internationale à la recherche de solutions politiques durables. Nous devons tous apporter notre concours à la Libye pour qu’elle panse ses plaies et qu’elle s’attelle à construire son avenir. Un chantier titanesque, qui implique de poser les principes d’édification et de consolidation d’un véritable État de droit, de répartition équitable des richesses du pays et de restauration de la stabilité et de la sécurité, indispensables à sa reconstruction. Tout cela doit nécessairement passer par l’expression de la volonté du peuple, donc par des élections. Je ne doute pas que les Libyens y parviennent. Même si le chemin sera très long et ardu.

JEUNE AFRIQUE: L’intervention militaire de l’Otan en Libye, comme celle des Nations unies en Côte d’Ivoire, a choqué de nombreux Africains, qui y voient l’expression d’une forme de néocolonialisme dans le seul but d’accaparer les richesses de ces pays. Au point d’ériger, pour certains, Mouammar Kaddafi et Laurent Gbagbo au rang de résistants et de héros africains. Comprenez-vous cette sensibilité?

ALI BONGO ONDIMBA : Bien sûr, je comprends que l’on puisse penser cela compte tenu de l’histoire de notre continent, mais je ne partage pas cette opinion. Quelles alternatives avait-on? Laisser la Côte d’Ivoire ou la Libye sombrer dans le chaos et se dérouler sous nos yeux de véritables bains de sang?

JEUNE AFRIQUE: L’alternative aurait été que l’Union africaine (UA) elle-même prenne en charge ces crises, soit plus efficace ou dirige ces interventions…

ALI BONGO ONDIMBA : Il faut être réaliste et pragmatique. Nous n’avons pas pu le faire, soit parce que nous n’étions pas d’accord, soit parce que nous n’en avions pas les moyens. C’est tout le problème que nous rencontrons à l’heure actuelle au niveau de l’UA. Nous en sommes tous conscients, et il faudra bien s’asseoir autour d’une table pour trouver des solutions. Mais personne ne nous a empêchés d’intervenir, c’est nous qui avons échoué. Il a bien fallu, une fois ce constat dressé, travailler avec ceux qui avaient la capacité d’empêcher que le pire ne se produise.

JEUNE AFRIQUE : Comment avez-vous vécu les images de l’arrestation de Laurent Gbagbo, le 11 avril dernier?

ALI BONGO ONDIMBA : Ce ne sont pas des images que l’on souhaite voir, c’est une évidence. Mais à partir du moment où il a décidé de mener son combat jusqu’au bout – il faut tout de même rappeler qu’il est le principal responsable de cette crise –, il n’existait que deux possibilités : la capture ou la mort. Cela aurait donc pu être pire.

JEUNE AFRIQUE: Pensez-vous, après tout ce qu’a connu ce pays depuis la mort d’Houphouët, que les Ivoiriens pourront réellement se réconcilier ?

ALI BONGO ONDIMBA : Oui. Il ya suffisamment de sagesse chez les Ivoiriennes et les Ivoiriens. Ils ne peuvent qu’avoir mesuré les dégâts provoqués par la guerre et l’instabilité. Le président Ouattara sait aussi que la tâche qui l’attend est immense, qu’elle nécessitera du temps et beaucoup de sueur. Mais nous sommes tous prêts à l’aider.

Source:http://ujpdg-france.vefblog.net/545.html#INTERVIEW_VRIT_ET_EXCLUSIVE_ACCORDE_PAR_LE_PRSIDEN_1